par Sensei Steeve
Dans la vie, quand je me pose des questions, je me réfère toujours à la nature. Comment ceci fonctionnerait si j’étais dans la nature ? C’est la question que je me demande. Un jour, lors d’une méditation, mon esprit m’a amené une compréhension de l’argent, une sorte de petite illumination face à notre lien avec cet outil.
L’argent est une invention de l’homme pour nous aider à transiger et commercer. Il est un outil de simplification transactionnel ; il faut le voir ainsi. Dans le ninjutsu, pour le ninja, l’utilisation d’outil est complètement essentielle et nécessaire à l’application de son art, à sa survie et à la réussite de ses missions, ou, de nos jours, nous dirions l’atteint d’objectif ou la réalisation de but. Avec mon entrainement et ma compréhension du ninpo (philosophie ninja), j’étais tout donné pour comprendre comment utiliser l’outil qu’est l’argent.
C’est ainsi que j’en suis venu à me demander comment un ninja percevrait l’argent étant donné qu’ils sont spécialisés dans l’utilisation d’outils ? Et là, l’éclair d’une métaphore m’est soudainement apparut en tête. Nous sommes le chasseur et l’argent est notre proie.
Je m’explique.
Notre but premier est de nous nourrir. Il s’agit de la base des bases de la survie. Toute notre vie est basée, premièrement, sur l’objet de réussir à se nourrir à tous les jours. Pour ça, dans notre société, nous avons besoin d’argent, comme le chasseur a besoin de proie animal. Donc, nous sommes des chasseurs d’argent. Analysons ensemble cette métaphore.
Avez-vous déjà vue un chasseur courir, couteau à la main, après un chevreuil dans les bois, juste comme ça ; comme une poule pas de tête ? Hum…, je ne pense pas. En cent ans, il ne pourra jamais même réussir à approcher l’animal (sauf une perdrix, je vais y revenir). Faites-vous le lien avec l’argent ? Si vous courrez après l’argent comme une poule pas de tête, que ce passe-t-il alors ? Et oui, elle s’enfuit, comme le chevreuil. Mais que signifie courir après l’argent ? Cela se traduit, dans notre société, par le travail quotidien aveugle, sans porter aucune réflexion sur nos actions automatique, comme manger, se lever, se coucher, aller travailler, etc. Vous savez la petite routine éternelle du matin et du soir, mais c’est elle qui représente le chasseur courant tel une poule pas de tête. J’appelle aussi ça la pensée magique ou la pensée de « pauvre ».
Si vous voulez avoir des choses différentes des autres ou plus de chose, vous devez agir différemment. On ne peut pas obtenir une résultante différente si nous ne changeons pas au moins un paramètre à l’équation ; c’est physiquement et mathématiquement impossible. Être pauvre ne veut pas dire de ne pas avoir d’argent. La pauvreté est un état d’esprit et de perception de l’environnement. Vice versa, être riche ne veut pas dire posséder beaucoup de matériel, mais se rapporte à la perception de la vie riche, qui fait que nous réaliserons nos projets. Être « riche » comme on en parle, est une mauvaise utilisation du mot. Il faudrait dire bien nantis ou dans l’abondance matériel. Ce ne sont que des conséquences d’une pensée riche et non l’objet d’être riche. Penser comme un pauvre ne nous fera pas attraper le chevreuil ; pour l’attraper il faut penser comme un riche, comme un chasseur qui attend sa proie.
Pourquoi avons-nous tendance à percevoir les « riches » comme étant des personnes arrogantes et qui ne font rien de leur temps et ramasse plein d’argent facilement ? On voudrait tous que ce soit aussi facile ! Il s’agit d’une illusion, comme le chasseur qui attend dans son abri, patiemment, que la proie (l’argent) tombe entre ses mains. Mais, il n’a pas « rien fait » pour en arriver là. Qu’a-t-il fait ? Il a commencé son travail un an plus tôt, seul, à l’abri des regards…
Tout commence quand il prend action, il se lève et se dit je vais chasser. Il s’agit de la prise de conscience de l’inutilité et la stupidité de la routine quotidienne. Il se prépare et achète le matériel nécessaire (recherche d’information et apprentissage de la vie). Il va ensuite dans le bois et se met à chercher, à repérer des traces de passage d’animaux, pour savoir où chercher et choisir quel animal il va chasser (repérer le marché que l’on veut exploiter). Quand il trouve, il installe des appâts et des pièges pour le petit gibier, pour la nourriture quotidienne. Il s’agit de l’atteinte des petits objectifs de gestions quotidiennes en gardant en vue le principal, le gros « buck » (richesse matériel, objectif atteint) que tous veulent et que tous pensent que le chasseur à « rien » fait pour obtenir ; comme les « riches » qui ne travaillent pas pour leur argent. Voyons, elle tombe du ciel, on le sait bien !
Ensuite, le chasseur (c’est nous qui voulons devenir « riche » vous vous rappelez ?), il installe un énorme bloc de sel (notre entreprise ou prise action) sur la piste trouvée de l’animal (le marché choisi pour s’implanter). Il va alors construite son abri un peu plus loin, bien camoufler de tous les autres animaux (compétiteurs dans le marché choisi). Quand c’est fait, il attend, pénard… Maintenant que tout es en place, il en profite prendre un petit thé au côté du feu et relaxer de tout ce travail depuis des jours (mois, années). C’est là, que notre ami le chasseur (riche) reçoit la visite d’un ancien collègue de ville (le pauvre on va dire). Il le voit assis, pénard, avec son thé ou une bière, sait-on ! L’ami s’exclame alors : « Ha! C’est là que tu te cachais tout ce temps, en vacances. Il en a qui sont bien dans la vie ! » Le petit commentaire fatiguant que les « pauvres » ont toujours dans la bouche. « Il est dont bien chanceux lui ! » « Y’en a qui l’on facile ! » « R’garde l’ai, ya même pas besoin de travailler ! » « Y’a tout cru dans le bec ! »
Et là, comme de fait, la proie se présente (l’argent), comme ça. Le chasseur tire et récolte ses fruits de jours, mois ou années de travail acharnée.
Le pauvre s’exclame : « Haaa! Belle prise ! Wow, t’ai chanceux toi, dit-donc. J’aimerais ça la vie soit aussi facile que ça pour moi. »
Il repart avec cette vision et l’idée que le chasseur (le riche) à rien fait pour acquérir sa proie (l’argent, le but), sauf boire du thé et attendre… Mais oui, vous vous rappelez, l’argent tombe du ciel pour les riches pendant que les pauvres ont à se défoncer pour réussir à le voir. C’est sûr que si tu cours partout dans la forêt sans réfléchir et sans user de tactique, tu vas attraper des perdrix, point. Et les perdrix sont l’animal rejet que la nature à créer pour nourrir tous les autres. À part l’être humain, la perdrix est le seul animal à ne rien faire face au danger, à l’attendre paisiblement et se faire tuer. La perdrix se fait manger tout rond par tout le reste, elle sert à nourrir les autres, sans but dans la vie. Il faut faire la différence entre le chasseur (le riche) qui attend après avoir user de tactique pour atteindre son objectif (On nomme ça être patient, méditatif) et la perdrix (le pauvre) qui attend de se faire tuer ou l’ami (le moyen) qui constate la finalité réussie des autres sans en voir l’effort.
Alors, êtes-vous le chasseur, l’ami ou la perdrix ?
Avant de répondre, demandez-vous lequel d’entre eux à une chance d’attraper la proie (de l’argent, c’est-à-dire !!). Je pense que le choix est évident; il s’agit alors d’une question de motivation et de choix.
En accordant une attention plus soutenue et plus marquée aux relations qui existent entre les différents niveaux de réalité, nous pouvons développer notre perception des relations de cause à effet à grande échelle, relations que notre entourage ne peut même pas identifier. C’est ainsi, que le pratiquant apprend à utiliser l’évolution naturelle de l’univers à son profit.
Ses actions sont conformes au déroulement des cycles universels; son corps et sa volonté s’adaptent constamment à la progression de l’ennemi. S’il est en harmonie avec la loi de la totalité, le NINJA sait toujours comment réagir de façon adéquate quelle que soit la situation à laquelle il est confronté.
Sensei Steeve
