par Sensei Steeve
Pour la section j’ai traduit par : art à main nue, car il s’agit des mots les plus proche de ce que cela veut dire ; ils restent cependant vagues. Pour réellement comprendre ce principe il faut se mettre dans la tête d’un japonais. Il faut percevoir le monde comme un japonais.
Le meilleur exemple pour décrire ce que je veux dire est par l’énergie interne ou le chi ou ki. Si je vous dis énergie interne, votre esprit fera référence à des données de votre mémoire assimilé au concept d’énergie interne. Cela restera une idée vague à moins de lire un texte ou qu’une personne explique concrètement et plus en profondeur ce que cela veut dire. Donc, dans une discussion rapide, si vous n’avez jamais étudier précisément ce concept, ce sera flou dans votre esprit. C’est à ce moment précis que votre attention sortira de la discussion avec votre interlocuteur et donc les messages que celui-ci tentera de vous transmette auront plus de difficultés à se rendre.
Pour un asiatique, l’écriture par kanji (sorte de petits dessins) la portée de compréhension est améliorée. Le kanji chi (énergie interne) est représenté par des lignes qui forment un chaudron contenant du riz cuit à la vapeur et par une pression trop grande, la vapeur soulève le couvercle et s’échappe. Tout ça, dans un dessin de quelques lignes. Un kanji en soi est de loin, beaucoup plus communicatif car il raconte une histoire. L’asiatique, qu’on lui dit « chi » va comprendre immédiatement le concept d’une pression trop grandement contenu qui éclate et s’échappe. C’est ainsi qu’un pratiquant de taijutsu peut développer des puissances extrêmes. L’énergie interne est le but ultime du taijutsu; mais il ne s’agit pas de faire de la magie ou d’une force interne mystérieuse que l’on déploie à la Gandalf ou à la Harry Potter. Il s’agit d’un entrainement d’endurance intensif comme jamais ; encore plus que dans l’armée. C’est pour cette raison que rare sont ceux qui peuvent l’apprivoiser. Il s’agit de briser notre endurance physique, ensuite briser notre mental et briser notre « énergie de réserve ». Une fois toute ces étapes faites, nous accédons à la réelle endurance que le chi a besoin pour s’exprimer; les conditions nécessaires.
Comme le kanji le dit, le chi est un trop plein de pression qui réussit à soulever le couvercle et à s’échapper. Pour arriver à ce niveau de pression interne, il faut une endurance incroyable, inimaginable ! Autant physique et surtout mentale. Attendez-vous à des maux de têtes et autres sortes de douleur ou pression pendant l’entrainement, le corps se forge pour acquérir un chaudron assez fort pour soutenir cette pression. Ensuite, il faut comprendre comment ouvrir le couvercle de façon très précise et naturellement, la puissance sortira d’elle-même. Ce n’est pas nous qui produisons le chi, nous n’avons aucun contrôle sur de la pression. Nous pouvons seulement contrôler indirectement les conditions nécessaires pour que la pression monte et contrôler l’ouverture du couvercle.
Voici le but réel des hautes sphères du taijutsu
Dans un niveau plus débutant, le taijutsu se résume à trois catégories : les frappes (dakentaijutsu), les contrôles(jutaijutsu) et la défense (taihenjutsu). C’est trois catégories concernent, bien sûr, autant le corps, l’esprit et les émotions; ce qu’on appel les sanshins (3 coeurs).
Chaque art martial à sa propre perception et philosophie d’application. Il y en a qui sont axés sur la survie, le sport, le conditionnement, l’auto-défense, etc. Le but est de trouver l’art martial dont la philosophie convient à la vôtre, sinon, vous ne serez pas motivé par la pratique. Une fois l’art choisi, il faut apprendre les bases à un club le plus proche possible pour limiter la démotivation. Après quelques années, il est temps de faire une recherche approfondie de ce que vous voulez acquérir dans votre pratique et trouver un professeur ayant cette approche. À ce moment, vous allez être motivé à produire les efforts nécessaires pour ces formations, même si cela prend 2 heures de routes pour y aller. Si vous tentez cette approche trop rapidement dans votre cheminement, échec assuré. Allez s’y par étape.
Tout cela est le taijutsu, du moins, des bases. Le tout commence par comprendre les frappes, les techniques et la défense de façon distincte l’un de l’autre. Après quelques années, si l’entraînement est fait en ce sens, votre corps va par lui-même commencer à mélanger le tout et un jour, dans un simple mouvement défensif, la frappe et la technique seront inclus, concrètement. C’est ce qui fait qu’un maitre est intouchable. Il attaque en même temps qu’il se défend et se défend en même temps qu’il attaque. Il ne reste que le mouvement naturel. Un mouvement qui ressort de lui-même car les conditions nécessaires seront en place ; des conditions qui sont un mode de vie, qui sont toujours en place sans réflexion de la part du pratiquant.
Je résume le taijutsu par : Dans un seul mouvement en une seule seconde, par la discipline et l’adaptation des évènements, la mise en place des conditions internes et externes nécessaires et parfaitement autonomes, évacueront la pression dans un mouvement naturel et fluide, autant à l’interne qu’à l’externe ; le tout dans un équilibre harmonieux. Cette phrase résume ce texte. Elle est donc très difficile à comprendre, de la bonne façon, pour une personne qui ne l’a pas lu. C’est aussi une phrase qui progresse selon mon entrainement personnel. J’imagine que dans deux ans cela ne sera pas la même. Il est important de lire et d’apprendre, mais il est aussi important d’interprété et de créer votre propre phrase du taijutsu car c’est elle qui vous fera réellement progresser.
Sensei Steeve
