Liberté, bonheur, amour, ouh là là…

Par sensei Steeve

Attention, texte difficile qui va probablement heurter vos petits sentiments…

Dans la société en générale, on entend souvent parler de liberté, d’amour et de bonheur. Que ce soit dans les films, dans l’atteintes d’objectifs et but, dans la politique ou en tant qu’individu et bien d’autres situations.

Le problème que je rencontre et qui me fait grincer des dents est que la majore partie du monde confonde le principe de liberté avec celui des « pics de joie ». La liberté n’est pas de vivre dans la joie; elle est de vivre dans l’équilibre, c’est-à-dire, la réelle capacité de choisir.

Le lien avec les arts martiaux, le budo? Le but du budo est justement d’acquérir, à force d’entraînement, le cœur immuable (fudoshin). Le cœur immuable en soi est la réponse à ce qu’es la liberté. Il est la clé de ce qui permet d’être réellement libre. Je m’explique.

Dans les films, des manifestations et des discussions personnelles que j’ai avec des personnes de tous les jours, tous réclament la liberté. Ensuite, je m’amuse à demander ce qu’est la liberté pour eux. Ils répondent tous que c’est de faire ce qu’on veut quand on veut (là je généralise, mais en gros c’est ça). Quand je demande ce qu’ils feraient de leur liberté, tous me parlent seulement de s’amuser, fêter, « passer du bon temps », faire des activités, posséder plein de matériel, faire des feux et « barbec », etc…

Là, c’est exactement l’endroit que je voulais mener la discussion. C’est à ce moment que je test la personne. Voici ce que j’explique en gros :

Je commence par leur faire remarque que tout ce qu’ils me parlent sont des activités qui, premièrement, apportent tous un pic de joie et qui, deuxièmement, ont demandé à d’autres personnes de travailler pour qu’eux même puissent faire leurs activités (dans le sens que les objets utilisés doivent être fabriqués, right?). Donc, ce que la personne dit en fait, sans en être consciente, c’est qu’elle ne veut pas travailler elle-même mais, que les autres doivent continuer de travailler pour qu’elle puisse continuer d’avoir ses loisirs personnels. Ensuite, qu’elle ne veut pas vivre de malheur car elle veut toujours être dans des pics de joie et d’amusement… Est-ce que vous réalisez?

Ceci n’est pas de la liberté mais de la paresse, de l’inconscience personnelle et sociale, de l’anti-survie, et de l’illusion.

En premier, réglons l’histoire du pic de joie. C’est vraiment frustrant de voir le monde confonde pic de joie et liberté. Voici un principe universel; l’univers, la nature, est constamment à la recherche de l’équilibre de toute chose, il n’y a pas de « bon » et de « mauvais ». Avoir un pic de joie car on fait une activité que nous aimons, crée un déséquilibre car l’action est guidé par un désir-attachement de la joie ressentis face à cette activité. Donc, en agissant sur le coup d’une émotion de joie exagéré, on se crée soi-même un futur qui va contenir une peine exagérée, pour contre-balancer… C’est logique, par la perception de l’univers.

La joie va de pair avec la peine. Ici, il est important de différencier la joie exagérée que je parle et le bonheur. Le bonheur est la vie dans la liberté et l’harmonie, cela n’a rien à voir avec un sentiment de joie. Être libre et heureux, ce n’est pas d’avoir des pics de joie dans nos activités en permanence, car on s’impose ainsi un événement qui sera de nature triste et difficile par la suite. Nous perdons notre liberté car nous ne pouvons choisir ou non de vivre cet événement par notre déséquilibre créé par le pic de joie ressentis.

C’est logique non 😉

Faire un passe-temps ou une activité, que ce soit un sport, un art, la télé, jeux vidéo ou même méditer, on ne doit pas le faire sur un pic de joie ou parce que l’on a « envie » de la faire, que ça « nous tentes » de le faire. Pour ne pas créer de déséquilibre, il faut le faire, non pas guidé par une émotion incontrôlée, mais par une décision logique que de faire cette action est bonne pour nous et notre santé, que c’est utile et évolutif de le faire. Ainsi, il n’y a aucun déséquilibre de créé. Mais, pour faire ça, il faut entraîner notre esprit à se maitriser mais aussi à maitriser ses émotions. Il est normal de ressentir des émotions, ce qui créé le « karma » est l’action prise avec cette émotion. (car oui, ce que je parle depuis tantôt est le principe du karma 😉)

Si je suis « hyper excité intense » car ce soir c’est la finale de mon émission favorite, je peux être certain à 110 % que le karma va me rattraper au détour avec un événement de la même densité énergétique négative pour équilibrer.

Tout ce qui monte redescend. Il s’agit de la version scientifique de la loi du karma. Ce que je vous explique ici ce n’est pas moi qui l’a inventé, je l’ai juste compris au fil de l’entraînement mental, émotionnel, physique et spirituel du Budo. Le Budo est mon chemin que j’ai choisi. Il y a plusieurs chemins qui mènent au somment de la montagne.

La liberté et fudoshin sont exactement ça : la capacité de faire nos actions de manières harmonieuses, usant de la réflexion, c’est-à-dire, d’une prise de décision et non d’une montée et / ou descente émotionnelle. Pour y arriver, il faut entraîner son esprit à la méditation et à garder le contrôle sur les émotions pour les empêcher de prendre le droit véto sur nos actions au détriment de l’esprit.

Deux exercices principaux (parmi tant d’autres) :

  1. Méditation sur le non désir-attachement. Apprendre à se détacher des situations.
  2. Acquérir le Calme mental pour garder le contrôle en tout temps.

Ensuite, je dis souvent à mes élèves : l’esprit et le corps ne doivent pas intervenir dans les affaires de l’autre mais, doivent travailler conjointement à la réussite de l’autre.

Ce que cela veut dire, je vais l’expliquer par un exemple.

Écouter une émission de télé au lieu de s’entraîner est une décision qui relève de l’esprit et non du corps, car il s’agit d’une activité mentale et d’une prise de décision à faire. Donc, pourquoi laisser les émotions du corps prendre la décision? À ce que je sache, les émotions de désirs et d’envies sont complètement à l’opposés d’une décision libre et consciente. Donc, pourquoi penser que d’écouter son émission de télé parce que ça nous « tante » est vue comme étant de la liberté ??? Je ne comprends pas cette pensée; c’est une action complètement à l’opposé que de ce qu’est la liberté et le bonheur.

Dans la situation inverse, si le corps nous dit que nous avons faim, l’esprit ne doit pas intervenir et dire : hey! J’ai envie de manger une poutine car la dernière fois cela m’a envoyé des hormones du bonheur à plein régime dans le cerveau… Non… C’est le corps qui dit à l’esprit ce qu’il a besoin de manger, pas l’esprit qui impose sont véto sur ce qui lui plaît que le corps mange… La job de l’esprit est de s’arranger pour que le corps ai la nourriture que celui-ci à vraiment besoin.

Ça n’a pas de sens. Je ne sais pas si vous réalisez? C’est exactement la même chose que le premier ministre qui augmente le salaire des médecins tandis que c’est les infirmières qui demandent une augmentation et que les médecins n’en veulent pas… Vous trouvez cette action de politique « stupide » et illogique, mais eh bien, je vous annonce que vous faites exactement la même chose à votre corps en lui imposant de manger de la poutine car votre esprit est accro, au lieu de lui donner ce dont il a vraiment besoin pour être en santé et plein d’énergie. ET le pire là-dedans, c’est qu’après les personnes se plaignent de mal « feeler » et d’être fatigué… Il est comme temps de se mettre à réfléchir un peu héhé 😉 Action – réaction, je le dis depuis le début.   

Le corps et l’esprit ne doivent pas imposer leur désir à l’autre mais aider l’autre à obtenir ce dont il a besoin pour être en santé physique et mentale. Le gros problème de notre société est que le corps et l’esprit ont changé de fonction, ils prennent les décisions dans ce qu’ils ne doivent pas en prendre et cela créer un déséquilibre constant dans la vie des personnes agissant ainsi. Donc, pour faire le lien avec plus haut, le karma nous tombe dessus solide…   

Être libre et heureux, est lourd et difficile, car l’idée n’est pas de vivre dans les pics de joie car cela apportera des pics de peine. C’est de vivre constamment en contrôle de nos pulsions. C’est seulement ainsi que nous pouvons être réellement libre de nos choix et sérieusement, quand j’en parle aux personnes, il n’y en a pas beaucoup qui sont prêtent à sacrifier les moments de pics de bonheur pour éviter de vivre les pics de peine. C’est leur choix…  Le meilleur outil que nous avons est la volonté.

La volonté est ce qui a de plus puissant, ce n’est pas l’amour au contraire de la croyance populaire. L’amour est le sentiment le plus puissant, mais pas ce qui EST le plus puissant. L’amour est le même principe que la liberté mais en beaucoup plus fort. L’amour est un désir-attachement qui nous dicte notre agir. Il n’y a aucun positivisme là-dedans, ni liberté. L’amour peut faire autant de bien que de mal, donc il ne peut être un outil pour la liberté et le bonheur; il est trop instable, labyrinthique et impersonnel. Il contrôle son utilisateur. Comme j’ai déjà dit, l’amour est un jolie renard.

C’est pour ça qu’il faut utiliser la volonté. La volonté est une action mentale, donc nous gardons le contrôle et la liberté, en agissant ainsi. Et si la volonté vacille, il faut utiliser la persévérance l’espace d’une seconde, pour du cours terme. Sur le long terme, c’est la foi en nous et en ce que nous faisons qui nous permet de garder la volonté.

Base : Volonté

Court terme : persévérance

Long terme : Foi

L’amour est loin d’être ce qui à de plus puissant, sinon les couples ne divorceraient pas. Ce qui fait qu’on reste avec une personne, se n’est pas l’amour… C’est la volonté et la foi en la vie qu’on construit avec celle-ci. S’il n’y aurait que l’amour, les couples ne pourraient durer plus de 6 mois – 1 an. C’est la persévérance dans les moments difficiles et le fait de croire en ce qu’on construit avec la personne que nous avons décidé de partager notre vie. Quand des personnes se séparent, ce n’est pas parce qu’il n’y a plus d’amour, c’est parce qu’ils ont arrêté de croire en ce qu’ils font, qu’il n’a plus de volonté comme fondement; donc, la persévérance ne peut opérer sa magie.

Oubliez les histoires d’amour, d’espoir et de liberté, ils ne sont qu’illusion qui font plus de mal que de bien. Je ne dis pas qu’ils n’existent pas. Je dis qu’ils sont le mirage qui modifie faussement notre perception et donc engendre des actions qui ne sont pas le meilleur pour nous. Je ne dis pas non plus que je détiens la vérité absolue mais, je sais que ce que j’explique fonctionne car il s’agit de l’enseignement de philosophies qui datent de 1500 ans et qui ont faites leurs preuves. Ce n’est pas de la psychologie de pacotille moderne qui fonctionne qu’à moitié et qui sert plus à fidéliser les « patients » (je dirais plus clients) qu’à vraiment les aider. Je parle de comment être un guerrier accompli et en maîtrise de soi et son environnement.

Je sais, c’est difficile à accepter tout ça… Mais si vous êtes encore en train de lire, cela veut dire que vous sentez en vous ce que j’explique. Il suffit de s’entraîner pour l’appliquer. Devenez des guerriers modernes guidés par la conscience et l’esprit, pas par les émotions et les désirs-attachements.

Bon entraînement!!


Laisser un commentaire